Le chaos organisé du spectacle

Depuis plusieurs années, la France souffre à son niveau.
Et on demande aux organisateurs de gérer des foules où une partie des gens arrive déjà dans un état d’énervement, d’impulsivité et de frustration.
La sécurité n’est plus un métier, c’est désormais un champ de bataille psychologique.

Comment assurer la sécurité d’un event avec un système qui récompense l’irrespect ?

La gestion du public devient de plus en plus difficile parce que les comportements se dégradent partout.
Beaucoup arrivent sans éducation et sans respect pour les autres, comme si cette attitude était devenue normale dans les lieux publics. Quand un agent intervient, la réaction la plus fréquente des auteurs de problèmes, consiste à contester ce qui vient de se passer. Des gens -adultes- se plaignent de tout, veulent tout et rejettent la moindre responsabilité dans ce qu’ils provoquent comme des enfants de 2 ans en plein apprentissage du mensonge.
Une nouvelle maladie consiste même à menacer de porter plainte alors qu’ils sont clairement en tort, comme si cette menace servait à effacer leur propre comportement et toujours dans l’espoir d’obtenir de l’argent pour ses propres fautes.
Le paradoxe devient encore plus visible dans la manière dont beaucoup s’indignent de voir des enfants dans des situations inadaptées, tout en adoptant eux‑mêmes un comportement lamentable devant ces mêmes enfants. Ils insultent, crient, se donnent en spectacle et offrent un modèle direct de ce qu’un adulte ne devrait jamais être ; le tout sans jamais l’assumer.

Un autre phénomène apparu il y a quelques années complique tout, la défense systématique de l’agresseur. Dès qu’une personne manque de respect, dépasse les limites ou se fait recadrer, une partie du public se transforme en “défenseurs de tout”, prêts à protéger n’importe qui alors que la faute est évidente.
On filme, on commente, on accuse la sécurité, on invente des versions alternatives.

  • Une femme qui se défend ? => Sacrilège !
  • Un propriétaire qui expulse un squatteur ? => prison surpeuplée !
  • Maintenir un frotteur jusqu’à l’arrivée de la police ? => Ta carte de séjour va sauter !

L’idée consiste désormais à protéger ceux qui sabotent tout.

On ne peut pas prétendre le contraire, le secteur de la sécurité accueille aussi des personnes qui voient ce métier comme une étape administrative.
Certains ont une expérience trop limitée pour gérer des foules… de français.
L’arrivée massive d’agents pendant les JO 2024 a accentué le tout. Certains ont quitté leur délégation pour chercher une protection en France, après avoir vécu dans des pays très stricts, marqués par des guerres, des conflits permanents où des gosses de 10 ans manipulent des Kalashnikov. Leur seuil d’énervement peut monter très vite et ça complique encore plus la gestion de certains évents.

Le secteur fait aussi appel à des agents qui ne maîtrisent pas assez le français. Les lois françaises étant compliquées, les consignes deviennent floues, les discussions se bloquent et les interventions se transforment en rixes.
Le profil de ces agents se répartit entre deux extrêmes, soit une brutalité physique qui dépasse ce que la situation demande, soit une passivité totale face aux incidents.

Le paradoxe, c’est la facture finale.
Pour payer le prix d’un système défaillant pleinement confronté à une justice permissive, les organisateurs doivent débourser des sommes vertigineuses. Le coût de la sécurité pour un évent de taille moyenne peut atteindre mille euros par jour et parfois jusqu’au montant de son salaire mensuel.

Quand l’argent est injecté à flot dans une machine qui ne produit aucun résultat tangible en matière de prévention ou de tranquillité publique, le consommateur paie au prix fort le maintien d’un chaos organisé, où chaque maillon de la chaîne tire profit d’un système qui récompense l’irrespect.

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