Comment jouer en public quand on est timide ?

L’erreur classique, c’est de commencer par un concert. Tu te mets une pression énorme devant des gens qui attendent un show. Fais l’inverse, ne joue pas !

Va dans les pubs qui font des soirées jeux. Quiz, blind test, échecs, jeux de société. Tu viens pour jouer, pas pour faire de la musique. Pourtant, tu es en public. Tu parles à des inconnus, tu perds, tu te fais bouffer tes pions, tu rigoles, tu dois t’affirmer un peu pour dire que tu avais la bonne réponse. C’est une première scène sans instrument. Personne ne te juge sur ta musique. Tu apprends juste à exister dans une pièce bruyante avec des inconnus. C’est facile.

Une fois que tu es à l’aise pour parler à des inconnus, passe au bénévolat.

Les associations cherchent toujours des gens pour animer un atelier musique et le meilleur public pour commencer, ce sont les personnes âgées en maison de retraite.

Elles ont une qualité incroyable pour un musicien timide, elles en ont rien à faire que tu fasses une fausse note. Elles sont contentes que tu sois là, ou pas ! Elles vont taper du pied à côté du rythme, chanter faux plus fort que toi, te raconter leur vie entre deux chansons. Elles vont t’endurcir sans le vouloir.

Tu ne peux pas rater un concert devant elles. Si tu bafouilles, elles trouvent ça charmant. Si tu rejoues le même morceau 3 fois, elles sont contentes. C’est le terrain d’entraînement parfait pour enlever la peur du regard qui juge. Tu apprends à continuer à jouer même quand tout ne se passe pas comme prévu.

Joue avec des règles qui te protègent.

1 morceau. Pas 10. Tu arrives dans un bar, une médiathèque, un marché. Tu demandes 3 minutes. Tu joues 1 seul morceau que tu connais par cœur, même les yeux fermés. Et tu pars. L’objectif n’est pas de faire un concert. L’objectif est de prouver à ton cerveau que tu as survécu.

Ensuite tu passes à 2 morceaux. Puis à un petit set de 15 minutes.

Le secret des timides qui deviennent à l’aise, c’est qu’ils ont arrêté de viser le grand concert parfait. Ils ont multiplié les petites victoires invisibles. Une partie de jeu au pub, une après-midi en EHPAD, un morceau au coin d’une rue.

Le trac ne disparaît jamais complètement. Il se transforme juste. Au début, il paralyse. A la fin, il donne de l’énergie pour jouer.

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