Mettre en avant les paroles d’une chanson aide
Notamment pour le marketing. Les plateformes aiment le texte, Google aime le texte, le public retient mieux un morceau quand il peut lire et relire ce qui est dit. La mémoire, le référencement, la transmission.
Dans le cas du rap français actuel, cette idée se heurte à un mur. Quand on prend certains morceaux qui tournent en boucle et qu’on pose les paroles à plat, on se rend compte qu’on ne peut pas vraiment les valoriser.
Ils sont sponso par Accor ?
En écoutant 15 morceaux pris au hasard parmi les plus poussés en ce moment par les algos, venant d’artistes de rap de rue, les mêmes mots reviennent en boucle : « bite », « queue », « suce », « cave », « hôtel », « lit ». Parfois dans le même ordre. L’histoire est toujours la même.
Alors oui, il y a des fans prêtes à tout, ça a toujours existé, dans tous les styles mais la question est qu’est-ce qui inspire vraiment ces textes. Est ce le manque qui pousse à écrire ça ou est ce le fait de voir que ça marche en masse ? Parce qu’on dit souvent que l’inspiration vient du quotidien, que le rap raconte la rue, la vraie vie. Si le quotidien se résume à une capote et à une chambre d’hôtel, ça pose question sur ce qu’on appelle quotidien.
A force de tourner autour du texte, qu’est ce que la société devient ?
Pas de relation, pas d’émotion.. que des scènes interchangeables.
Et c’est là que la valorisation dont on parlait au début devient impossible. On ne peut pas mettre en avant un texte qui n’a rien à défendre à part sa crudité.
La question de l’éducation et de la jeunesse
Chacun reste totalement libre d’écouter ce qui lui plaît, mais l’impact de ces messages répétés sur une jeunesse en quête de repères pose une vraie question de société. Le problème survient car de plus en plus d’artistes choisissent la facilité en accumulant les vulgarités.
Des thèmes qui tournent dans les cours de récréation : lorsque des millions de jeunes et d’enfants consomment à longueur de journée des refrains d’une pauvreté textuelle affligeante, la responsabilité des médias et des diffuseurs devient centrale.
Il ne s’agit pas d’interdire, mais de proposer une vraie diversité culturelle pour éviter que toute une génération ne grandisse avec un vocabulaire et une vision des relations complètement appauvris.
Ils sont nos cannes de demain.
Un marketing du buzz au détriment de la plume
L’algorithme privilégie la rentabilité à court terme et la provocation facile et oblige, quelque part, une grande partie des artistes à se tourner vers des thèmes superficiels pour maximiser le nombre d’écoutes. La richesse du texte reste accessible pour quiconque prend le temps de chercher un minimum.
Pour découvrir une plume travaillée, il faut contourner le classement des tendances, fouiller la scène indépendante sur des plateformes alternatives, suivre des médias spécialisés et sortir.
